La France a en effet fortement réduit le coût du travail au Smic tout en maintenant un revenu disponible élevé pour les bas salaires. Ce système a combiné allègements généraux (77 Md€ en 2024) et transferts sociaux orientés vers les bas salaires.
Si les effets sur l’emploi sont avérés, cette stratégie a favorisé l’emploi à bas salaire et incidemment conduit à des taux marginaux implicites trop élevés : pour augmenter de 100 € le revenu disponible d’un travailleur sous le salaire médian, l'employeur doit supporter un coût salarial supplémentaire compris entre 300 et 400 €. Ce mécanisme freine la progression des salaires dans une zone où se concentre une grande partie de l’emploi (« effet de pente »).
Les méta-analyses internationales suggèrent que les effets des allègements sur l’emploi, importants dans les années 1990 (fort chômage, coût du Smic élevé), sont aujourd’hui plus faibles. Ils restent forts pour les bas salaires, les jeunes et en période de conjoncture dégradée. Les difficultés d’accès à l’emploi sont d’ailleurs concentrées sur les jeunes et les seniors...
Le Conseil d’analyse économique réalise, en toute indépendance, des analyses économiques pour le gouvernement et les rend publiques. Il est composé d'économistes universitaires et de chercheurs reconnus pour leurs travaux en économie, de sensibilités diverses...